Amoureux de la Meuse, Laissez moi vous proposer un instant de pur plaisirs. Au travers d'un document que j'ai récupéré à la foire aux vieux papiers de Bar le Duc ily a 3 ans.
je vous le livre intégralement.
"Notre excellent confrère l'Abeille des Vosges publie sous le titre
Le Roman de la Rivière, une fantaisie que nous reproduisons ci-dessous.
La Meuse est née Haut Marnaise. Toute petite, elle se sent portée irrésistiblement vers les Vosges, qu'elle veut admirer. Elle y vient, la pauvre, sans se douter qu'elle va droit à sa perte. Elle
cherche un compagnon, elle trouve le Mouzon, leur union est bientôt conclue à Neufchâteau, tous deux partagent le même lit. Dès lors, la Meuse reprend de l'ampleur, ses bords sont accueillants,
point escaladeuse, elle accepte pourtant, les nombreux rûs qui se donnent à elle de droite et de gauche. Elle ne dédaigne pas de prendre le Vair en passant, mais ne perd jamais le Nord. Elle passe,
belle dormeuse dans son large lit, au pays de la Pucelle, qu'elle scandalise parfois par ses débordements, puis paresseuse, elle s'attarde comme pour contempler plus longuement ce beau pays de
Lorrain; elle ondule dans les vertes prairies, puis, confiante, elle se laisse aller vers la cité héroïque, Verdun, qui la console de Sedan. Ensuite, elle semble hésiter avant de quitter la France,
Mézières l'attire, Charleville aussi, pour contenter l'une et l'autre, elle passe entre les deux, la Belgique l'appelle, elle répond par Givet.
Le pays diffère si peu de sa patrie, qu'elle y coule encore d'heureux jours. La Sambre qui la rejoint à Namur, l'entraîne, rapide dans les Pays-Bas aux accents de la marche victorieuse à jamais
célèbre depuis Jourdan...
Mais quel arrachement pour un coeur patriote de voir cette belle rivière, essentiellement Lorraine, prendre contact avec le Rhin allemand, de voir leurs bouches s'unir, de la voir devenir mer !
signé: l'Iroquois
(journal de Montmédy, 25 avril 1925)